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Du pélican au plancton : petite histoire des mascottes d’exposition internationale

il y a 6 jours
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Dernière mise à jour : il y a 5 jours

(Note : Urso a publié ce billet à l’origine le 22 novembre 2011, dans le cadre d’une collaboration avec l’Expo 2012 Yeosu. Nous le publions ici à titre posthume. Le billet original est accessible ici)


Yeony et Suny, les mascottes de l’Expo 2012 Yeosu, sont en bonne compagnie. Elles sont les dernières d’une lignée de personnages créés pour les expositions internationales au cours des dernières décennies.

Beaucoup de gens connaissent les nombreuses mascottes qui ont accompagné les Jeux olympiques au fil des ans, mais ceux qui connaissent les mascottes créées pour promouvoir les expositions internationales sont moins nombreux.

Les mascottes d’exposition internationale aident à intéresser les jeunes visiteurs aux thèmes des expositions internationales et, au fil des années, elles sont devenues un élément de plus en plus central de l’identité de chaque exposition internationale. Certaines sont même devenues si populaires qu’elles restent présentes des années après la fin de l’exposition internationale.


1984 : un pélican montre la voie

Dans les années précédant l’Expo 1984 La Nouvelle-Orléans (Louisiana World Exposition), les organisateurs cherchaient des moyens de captiver leur public. Avec un thème centré sur « Le monde des fleuves – L’eau douce, source de vie » dans un État réputé pour sa faune, il allait peut-être de soi qu’un pélican serait une excellente façon de mettre en valeur cette exposition internationale singulière, installée sur les rives du Mississippi.

On le retrouvait non seulement sur les supports promotionnels et les souvenirs, mais aussi sur le site, où, en tant que personnage déambulant parmi la foule, il accueillait les visiteurs qui se précipitaient pour se faire photographier avec lui.

Même si ce personnage aux allures disneyennes a été officiellement mis à la retraite à la fin de l’exposition, il reste assurément dans le cœur et la mémoire des habitants de La Nouvelle-Orléans, qui évoquent avec tendresse cet été-là. Les années 1980 se sont poursuivies avec trois autres expositions internationales et trois autres mascottes.


1985 à 1988 : les mascottes d’exposition internationale se dégourdissent les jambes (ou les roues)

L’Expo 1985 Tsukuba, au Japon, nous a offert le fantaisiste Kosmo Hosimaru, créé par Maki Takagaki, élève de collège, dans le cadre d’un concours de design. Cette planète à l’air un peu timide figurait sur de nombreuses publications de l’Expo 1985 Tsukuba et a contribué à promouvoir le thème « L’habitat et son environnement – La science et la technique au service de l’homme chez lui ».

L’Expo 1986 Vancouver nous a donné le très populaire Expo Ernie, un robot que l’on pouvait voir circuler sur le site pendant les mois de l’exposition internationale. Doublé à distance, il interagissait avec les visiteurs avec un sens de l’humour bien à lui. Aujourd’hui encore, on le sort parfois de sa retraite pour des occasions spéciales, car les habitants de Vancouver gardent de lui un souvenir affectueux.

Expo Oz est la contribution de Brisbane, en Australie, à l’histoire des mascottes d’exposition internationale. Créé pour l’Expo 1988 Brisbane, cet ornithorynque a permis de représenter l’Australie d’une manière nouvelle, la plupart des gens associant surtout ce pays-continent aux koalas et aux kangourous. Pour ne rien laisser au hasard, Oz arborait le traditionnel chapeau à bord rabattu (slouch hat), le couvre-chef le plus associé à l’Australie.


1992 à 2000 : toujours plus d’abstraction


Beaucoup se souviennent de Cobi, la mascotte des Jeux olympiques de Barcelone de 1992. La même année, l’Espagne accueillait l’Expo 1992 Séville. La mascotte de cet événement, Curro, a été dessinée par Heinz Edelmann, le designer allemand qui avait créé les personnages du film Yellow Submarine. Les couleurs de son bec étaient censées symboliser les continents. Son nom est un diminutif du prénom « Francisco ».

La première exposition internationale de Corée, l’Expo 1993 Daejeon, a été organisée pour célébrer le centenaire de la première participation de la Corée à une exposition internationale, l’Expo 1893 Chicago (World’s Columbian Exposition). Cette année-là, la créature extraterrestre Kumdori représentait l’exposition et a donné son nom à la zone de divertissement, Kumdori Land. Lui et son parc perdurent à Daejeon, même si son apparence a évolué depuis.

Gil a été présenté lors de l’Expo 1998 Lisbonne. Représentant une exposition internationale au thème océanique, le personnage était une vague anthropomorphe. Conçu par le peintre António Modesto et le sculpteur Artur Moreira, il doit son nom au navigateur portugais Gil Eanes et a été choisi parmi des centaines de propositions. Il fait encore des apparitions occasionnelles lors de téléthons locaux.

Puisque la mascotte de l’Expo 1992 Séville, en Espagne, avait été conçue par un Allemand, il est peut-être ironique que Twipsy, la mascotte de l’Expo 2000 Hanovre, en Allemagne, ait été conçue par Javier Mariscal, l’artiste qui avait créé Cobi pour les Jeux olympiques de Barcelone de 1992. Sans doute la mascotte la plus abstraite à ce jour, il avait un grand bras oblong qui lui permettait de voler, en plus d’un bras plus ordinaire. Il portait aussi deux chaussures différentes : l’une plate et l’autre à talon haut. En Allemagne, il était le personnage central d’une série de dessins animés télévisée qui se déroulait dans le cyberespace.


2005 à 2010 : créatures de la forêt, goutte d’eau et caractère chinois


L’Expo 2005 Aichi, au Japon, nous a offert Kiccoro et Morizo, un enfant de la forêt et son grand-père. À la sagesse tranquille de Morizo répondait l’énergie de Kiccoro. Ils se sont révélés si populaires qu’ils ont été ramenés un an après la clôture de l’exposition, et on a même pu les voir au Pavillon du Japon à Saragosse, en Espagne, prêter main-forte à la mascotte de l’Expo 2008 Saragosse.

Cette mascotte était Fluvi, une goutte d’eau. Comme il convient à une exposition consacrée à l’eau, il avait aussi un ennemi juré : une goutte d’eau polluée. Les deux apparaissaient, avec d’autres personnages, dans une série de dessins animés télévisée à succès.

Haibao, la mascotte de l’Expo 2010 Shanghai, semblait être un cousin de Fluvi. Issu d’un concours de design organisé en Chine, il s’inspirait du caractère chinois « ren », qui signifie « humain ». Le concept du designer taïwanais Wu Yong-Jian a été choisi parmi plus de 26 000 propositions.


2012 : Yeony et Suny

Ce qui nous amène à 2012 et à nos nouveaux amis, Yeony et Suny, les mascottes officielles de l’Expo 2012 Yeosu. Ce duo de mascottes représente du plancton anthropomorphe, qui sert de nourriture à la vie marine tout en absorbant du dioxyde de carbone. Ce n’est pas un hasard si le début de leurs noms, mis bout à bout, forme le nom de la ville hôte : Yeosu, qui signifie « belle eau ».

J’imagine aisément que les habitants les verront encore pendant des années, à mesure qu’ils entreront dans les souvenirs chers de 2012 et dans l’histoire des mascottes d’exposition internationale.

 
 
 

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