Une exposition internationale n’est pas qu’une exposition internationale
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Une exposition internationale n’est pas seulement ce qui se passe entre son ouverture et sa clôture. Une exposition internationale n’est pas le contenu de ses pavillons ouverts, ni ses spectacles de rue, ni ses lumières ou ses feux d’artifice. Une exposition internationale n’est pas faite de pierres, de briques, de fer et de verre avec une date d’expiration. Une exposition internationale n’est pas les travailleurs qui ouvrent et ferment les portes, qui démarrent les machines et les ordinateurs, ou qui allument les lumières chaque matin et même la nuit.
Une exposition internationale n’est rien de tout cela, ou du moins elle ne devrait pas l’être.

Photo de Jason Griffing
Une exposition internationale devrait être un élément de transformation pour le lieu où elle est organisée ; elle devrait être la graine catalytique d’un changement durable, au-delà de sa date de clôture ; elle devrait être le début d’un changement qui dépasse les échos des lumières, des sons et des foules de l’événement.
Une exposition internationale devrait être le point de départ nécessaire pour engendrer un changement partout où elle a eu lieu.
La mauvaise réputation dont souffrent parfois les expositions internationales auprès de ceux qui ne comprennent pas ce qu’elles devraient vraiment être vient des millions de dollars de ressources dépensés pour une durée limitée et relativement courte. Et vues et ressenties ainsi, ils auraient raison.

Photo de Jason Griffing
Critiquer ce type d’événement est facile pour ceux qui ne veulent pas regarder les véritables raisons pour lesquelles tant de villes souhaitent organiser une exposition internationale ; et si l’on ne regarde que la partie la plus superficielle de ce qu’est une exposition internationale, il est difficile de réfuter le caractère éphémère d’une fête temporaire et la dépense qu’elle représente pour ses hôtes.
Mais il n’en est rien. Du moins pas dans « MON EXPO », du moins pas dans l’exposition internationale que j’ai vue rêver, croire, imaginer, grandir, vivre et se transformer.
Le processus vital de « mon exposition internationale » est né du rêve de transformer une ville de plus de 2 000 ans d’histoire, traversée par un grand fleuve que personne ne regardait, que personne ne touchait, et qui séparait deux parties reliées par des ponts de ciment et de fer.
C’était une ville située dans le nord-est aride de l’Espagne, terre de vent et de steppes, avec un grand désert à ses portes ; et pourtant, c’était une ville d’eau que personne ne regardait en traversant ses ponts. Il fallait provoquer un changement radical dans son tissu urbain et faire du fleuve la rue principale de cet espace urbain qui, jusque-là, avait été une cicatrice naturelle séparant les rives et les esprits.

Photo de Jason Griffing
De ce besoin est né le rêve d’une exposition internationale capable de transformer une ville et un territoire, et ce rêve est devenu réalité : des espaces ouverts, des parcs, des berges, des interventions artistiques et jusqu’à vingt ponts construits pour que les fleuves ne soient plus des cicatrices, mais des points d’union et de rencontre.
On a réussi à faire de l’exposition internationale de l’eau de cette ville, la mienne, Saragosse en 2008, une exposition internationale sans fin, une exposition internationale qui ne s’est pas terminée et qui, aujourd’hui encore, continue d’être vécue et appréciée par un territoire et ses habitants qui, depuis ce moment, n’ont plus jamais regardé le fleuve comme quelque chose de dangereux et de lointain.
Voilà le véritable héritage et la véritable raison d’être des expositions internationales, de toutes… de celles qui naissent avec le but de créer, de transformer et de durer dans le temps, au-delà de leur période de feux d’artifice.
Lorsque l’Expo 2008 Saragosse s’est achevée, certains d’entre nous ont compris qu’il fallait se battre pour protéger l’héritage que l’exposition internationale avait laissé à la ville. Nous pensions qu’il fallait défendre l’intérêt de notre exposition internationale et de toutes les expositions internationales en tant qu’agents de changement pour les villes, et que quelqu’un devait veiller à ce que l’héritage d’une ville perdure dans le temps.

Photo de Jason Griffing
Ainsi, un an après la fin de l’exposition internationale, une association a été créée pour défendre l’héritage de l’Expo 2008 Saragosse. L’Asociación Legado Expo Zaragoza 2008 est une association composée de citoyens qui, préoccupés par l’état dans lequel se trouve l’héritage de l’Exposition internationale Expo 2008 Saragosse, ont décidé de s’associer légalement afin de sensibiliser les autorités, les institutions et le reste de la population de Saragosse à la nécessité de le conserver en parfait état, et d’exiger que cet objectif soit atteint pour l’usage et le plaisir de tous.
Aujourd’hui, nous sommes plus de 800 membres à continuer de faire de cela une réalité.

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Les expositions internationales, toutes, doivent faire partie de la ville, et les citoyens doivent se sentir partie prenante du processus de transformation que chaque exposition internationale opère sur son territoire. Les expositions internationales doivent être défendues par les citoyens auxquels elles appartiennent, qui, le moment venu, doivent savoir exiger de ceux qui le peuvent qu’ils tirent parti de l’héritage que chacune d’elles laisse là où elle est construite.
Si ce lien n’existe pas, les expositions internationales ne sont que fer et ciment, lumières et musique, belles mais vides d’âme, de rêves, sans signification ni raison… vides et avec une date d’expiration.
De ce côté du monde, cela ne s’est pas produit, et mon exposition internationale est toujours vivante. Nous sommes plus de 800 personnes à la maintenir en vie et à la défendre. Nous faisons partie d’un rêve qui ne s’est pas terminé et qui continue encore.
Juan A. Ibáñez San Martín
Président de l’Asociación Legado Expo Zaragoza 2008



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